Il y faisait froid ce matin là, le brouillard peinait à se lever complètement mais les lieux mapparurent tel quils étaient dans mon esprit, inchangés et comme figés dans le temps, dans une léthargie rendue fantomatique par les premières heures du jour. Javais la sensation en définitive de nêtre jamais parti, il me parvenait de notre enfance les cris de joie que je pensais avoir oubliés et que je trouvai intacts dans laube naissante. Les routes au sortir de lobscurité faisaient un lacis de souvenirs qui me remontaient du fond de ma vie que je ne parvenais à contenir.
Je ne fus pas surpris de ny croiser nulle âme qui vive, le repos dominical dans nos campagnes est respecté, je le savais et ce nétait pas un hasard si javais choisi ce jour en particulier. Il me fallait un retour en silence, revenir chez moi comme si je pénétrais dans une église, traverser mon pays en ne surprenant que les vieilles mourantes derrières leurs fenêtres, les mains agrippées au rideau et lil torve. Je nignorais pas quavant même lheure de la messe, ce moment où tout le village sagrège en une masse bavarde, mon retour serait sur toutes les lèvres et dans toutes les conversations comme un mauvais présage et je préférais gouter encore les dernières heures de réelle liberté dans la plus parfaite des solitudes.
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